Décodeur de cotes

Vingt et un ans de matchs, rejoués

Les pages précédentes expliquent un mécanisme. Celle-ci le vérifie. Toutes les valeurs ci-dessous sont calculées sur les cotes réellement proposées à l’époque, sans sélection ni retouche.

Matchs
38 071
Bundesliga, Liga, Ligue 1, Premier League, Serie A
Période
2005–2026
22 saisons
Source
football-data
base publique et gratuite, cotes historiques de plus de quinze opérateurs

La commission a baissé, et alors

Premier constat, honnête : le marché s’est durci pour les opérateurs. La commission moyenne sur le résultat d’un match est passée de 8,4 % à 5,1 % en vingt ans.

Commission moyenne prélevée sur le 1N2, par saison, sur les cinq championnats. La concurrence entre opérateurs a comprimé le tarif du produit d’appel. Elle ne l’a pas annulé — et les marchés annexes, eux, n’ont pas suivi cette évolution.

La commission n’est pas répartie également

Voici le résultat le plus important de cette page, et celui qu’aucun calcul sur une seule ligne de cotes ne peut produire. On regroupe les 114 213 issues possibles par tranche de cote, et on compare ce que la cote annonçait à ce qui s’est réellement produit.

Tranche de coteNombre d’issuesProbabilité annoncée Probabilité hors commissionFréquence réellement observée Rendement
1,00 – 1,30 2 915 83,6 % 79,1 % 82,3 % -1,52 %
1,30 – 1,60 6 913 69,4 % 65,6 % 67,9 % -2,20 %
1,60 – 2,00 10 362 56,5 % 53,3 % 54,1 % -4,29 %
2,00 – 2,50 13 645 45,5 % 43,0 % 43,9 % -3,50 %
2,50 – 3,20 17 212 35,3 % 33,3 % 32,9 % -6,75 %
3,20 – 4,50 40 270 28,0 % 26,5 % 26,2 % -6,77 %
4,50 – 7,00 14 141 19,1 % 18,1 % 17,0 % -11,15 %
7,00 – 12,0 6 366 12,1 % 11,5 % 10,5 % -13,51 %
12,0 et + 2 389 6,6 % 6,2 % 4,7 % -28,25 %
Rendement : résultat d’une mise systématique et identique sur toutes les issues de la tranche. « Probabilité hors commission » : calculée par la méthode proportionnelle, qui répartit la commission également entre les issues.
En bleu, la probabilité annoncée par la cote une fois la commission retirée au prorata. En rouge, la fréquence réellement observée. Les deux courbes devraient se superposer si la commission était répartie également. Elles ne se superposent pas.
Ce que ça veut dire concrètement

Sur les cotes courtes, la fréquence réelle est supérieure à la probabilité calculée : ces issues sont moins chargées que la moyenne. Sur les cotes longues, elle est nettement inférieure : le supplément de commission est concentré là. Miser systématiquement sur des cotes au-dessus de 12 revient à payer une commission de 28 %, soit environ 19 fois celle des cotes les plus courtes.

C’est le biais favori-outsider, documenté depuis les années 1940. Il a une conséquence pratique pour ce site : la méthode de dévigging proportionnelle du calculateur est une approximation, correcte pour comparer des opérateurs, insuffisante pour dire ce que coûte une issue particulière. Le calculateur affiche donc aussi une seconde méthode, cohérente avec ce tableau.

Rendement d’une mise systématique par tranche de cote. Plus la cote est longue, plus elle est chère. Aucune tranche n’est rentable.

Toutes les stratégies simples, rejouées

Sept règles mécaniques, appliquées à chacun des 38 071 matchs, sans exception ni sélection. Aucune ne demande de compétence, c’est le principe : on teste ce que la structure du marché produit, pas ce qu’un parieur sait faire.

StratégieParisTaux de réussite Cote moyenneRendementRésultat
Toujours le favori 38 071 53,3 % 1,91 -3,29 % -12 544 €
Toujours l'outsider 38 071 21,0 % 5,41 -8,77 % -33 401 €
Toujours le domicile 38 071 45,2 % 2,66 -5,23 % -19 914 €
Toujours le nul 38 071 25,6 % 3,88 -6,71 % -25 543 €
Toujours l'extérieur 38 071 29,2 % 4,57 -9,37 % -35 689 €
Toujours l'équipe en forme 38 071 44,2 % 2,62 -6,27 % -23 889 €
Le favori, à la meilleure des 3 cotes 38 071 53,3 % 1,95 -1,46 % -5 548 €
Y compris la stratégie « prendre systématiquement la meilleure des trois cotes disponibles » : chercher le meilleur prix réduit la perte, il ne l’élimine pas.
Résultat cumulé d’une mise de 10 € par match, du premier au dernier match de la période. Sept règles, sept courbes, une seule direction. Certaines descendent plus lentement que d’autres ; aucune ne remonte.

C’est aussi ce qui règle le débat sur les statistiques d’équipes : la stratégie « toujours l’équipe la mieux en forme sur ses cinq derniers matchs » figure dans ce tableau. Elle perd 6,27 %. La forme récente n’est pas une information absente : c’est une information déjà payée.

112

« Mais toutes ces règles sont bêtes. » Exact. Alors on en a inventé 1 105 autres, au hasard, et 112 se sont révélées rentables sur le passé. Voilà ce qu’elles sont devenues.

Méthode et limites
  • Les cotes utilisées sont celles d’un opérateur de référence présent sur toute la période, complétées par la moyenne du marché lorsqu’elles manquent. Aucun opérateur n’est identifié sur ce site.
  • Toutes les mises sont plates : même montant à chaque pari. Les progressions de mise ne changent pas l’espérance, seulement la forme de la courbe et la vitesse de ruine.
  • Les données couvrent le résultat des matchs. Elles ne couvrent ni les cotes de buteur ni les créa-paris, pour lesquels il n’existe pas de source historique publique fiable — voir la note à ce sujet.
  • La coupure entre période d’apprentissage et période de test a été fixée au milieu de l’intervalle disponible, avant de regarder les résultats. Déplacer cette coupure après coup pour obtenir un effondrement plus spectaculaire serait exactement l’erreur que cette page dénonce.

Le détail des calculs est reproductible : toutes les valeurs de cette page proviennent d’un unique fichier d’analyse produit hors ligne à partir des CSV publics, sans intervention manuelle.